Le général Hermann Hoth et l’opération Citadelle

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Après le désastre de Stalingrad, entre décembre 1942 et février 1943, la Wehrmacht est fragile. Alors que le rouleau compresseur soviétique organise son avancée vers Berlin, le Br Reich prépare son ultime tentative pour reprendre pied sur le front est. L’opération Citadelle débute le 5 juillet 1943, sur la pince sud du saillant de Koursk, à 250 km au nord de Kharkov, en Union soviétique. Le 5 juillet 1943, les forces allemandes montent à l’assaut du saillant de Koursk. À partir du secteur de Bielgorod, au sud, la Die armée blindée et le groupe opérationnel Kempf avancent. Les forces sont commandées par le général Hermann Hoth, connu autant pour ses victoires que pour ses défaites.

Né à Neuruppin le 12 avril 1885, Hoth est aspirant en 1904 dans l’armée impériale, puis lieutenant en 1914 dans un régiment d’infanterie. Fils d’un officier médecin, il participe à la Première Guerre mondiale et reste dans l’armée pendant la période de la République de Weimar. Engagé dans la Reichswehr, il commande un régiment d’infanterie avec le grade de colonel puis connaît un avancement rapide. En 1936 il est promu général de division, Generalleutnant, puis général de corps d’armée en 1938. Dès 1940, il participe aux campagnes de Pologne et de France. Il y commande le 15e corps d’armée avant d’être promu général d’infanterie et de diriger la 1W armée blindée. C’est là qu’il connaît son heure de gloire avec la percée fulgurante des lignes françaises et l’arrivée en Normandie. Pour cela, sa croix de chevalier se verra ajouter les feuilles de chêne en 1941. En octobre 1941, il prend le commandement de la XVIl armée, avec laquelle il arrivera près de Moscou. Il subit sa première défaite entre le 12 et le 23 décembre 1942, lorsqu’il tente, vainement, de libérer la Vie armée, encerclée à Stalingrad. L’opération Wintergewitter est un échec.

Nom de code : opération Citadelle

Dès 1943, Hoth commande les troupes qui ont pour ordre de prendre le saillant de Koursk par la pince sud. L’opération Citadelle est lancée le 5 juillet 1943. De part et d’autre du saillant, les Allemands ont rassemblé plus de 2 000 chars, dont de nombreux Panzer et Tiger, et les nouveaux canons automoteurs Ferdinand. Plus de 2000 avions appuieront les opérations terrestres, menées par plus de 1 million d’hommes. bataille de kourskLes Soviétiques, de leur côté, engagent autant de forces. Sous les ordres de Joukov et de Vatoutine, ils ont concentré dans le saillant très fortifié les ressources du Front central : au total 9 armées, dont 2 blindées et 2 groupes d’assaut. Ils ont 20000 canons et mortiers, 920 Katioucha lance-roquettes, 10 trains blindés, 2 divisions aériennes. Le terrain, sec jusqu’au 4 juillet, a été détrempé dans l’après-midi, rendant le mouvement des véhicules très difficile. Au soir du 5 juillet, le 48 Panzer korps a réussi à percer la première ligne de défense soviétique. La bataille du saillant de Koursk se poursuit. Au soir du 6, le 2e corps SS a entamé la seconde ligne de défense, revendiquant la capture de 1609 prisonniers et la destruction de 90 chars et de 83 canons.

Le glas des ambitions allemandes à l’Est

Cependant, les pertes allemandes sont lourdes : elles totalisent 181 tués et 906 blessés, ce qui représente 10 % de l’effectif. Et Koursk est encore à 110 km. Dès le 7 juillet, l’attaque ne se produit plus que sur 20 km de front. Les pertes du Reich sont considérables et non compensables à court terme. Le 11 juillet, moins de une semaine après le déclenchement de l’opération Citadelle, les éléments combattants de la 18e Panzer division comptent encore 5 266 hommes et 157 officiers : 12 jours plus tard, il ne reste que 890 hommes et moins de 30 officiers. Cette hécatombe force le commandant de la division à ordonner à tous les unités de ravitaillement de monter au front. À partir du 10 juillet, le front se stabilise autour de Prokhorovka. La bataille se poursuit jusqu’au 17 juillet, en vain. Le prestige de l’Allemagne vient de subir une atteinte irréparable. Parlant des batailles de l’été, Churchill a écrit : « Les trois inunenses batailles de Koursk, d’Orel et de Kharkov, qui se sont toutes trois déroulées en l’espace de deux mois, avaient sonné le glas de l’année allemande sur le front de l’Est » On assiste là à « la dernière bataille de l’Allemagne pour la victoire ».

Hermann Hoth à l’heure de la disgrâce

À l’automne 1943, l’Armée rouge réussit une série d’offensives qui marquent le début du repli allemand et la défaite de la doctrine de la Blitzkrieg. Le général Hoth subit plusieurs revers sur le front est à Stalingrad Koursk et Kiev. La décision est prise de mettre un coup d’arrêt à l’opération Citadelle. Cette annonce est vivement critiquée par Erich von Manstein, le stratège de Hitler, penseur de la guerre éclair. Seule concession du Führer à von Manstein : ses Panzer peuvent continuer à attaquer le maximum de réserves stratégiques de l’ennemi (opération Roland). Devant ses mauvais résultats, Hoth est blâmé par Hitler, qui le juge défaitiste et le disgracie. Après la perte de Kharkov, il est placé en réserve. Il est rappelé au service actif en avril 1945 au commandement de la défense du massif du Han position qu’il tiendra jusqu’à la fin de la guerre puisqu’elle ne sera pas attaquée par les Alliés. Après la guerre, Hoth comparaît pour crimes de guerre lors du procès du haut commandement militaire de Nuremberg, en 1948. 11 est condamné à 15 ans de prison à Landsberg. Libéré en 1954, il se consacre alors à l’écriture dans la ville de Goslar, en Basse-Saxe, où il meurt le 25 janvier 1971.

Le général Hermann Hoth est connu autant pour ses victoires, lors de la campagne de France et à l’Est, que pour ses défaites (Stalingrad, Koursk, Kiev), qui vont sonner le glas des ambitions allemandes et marquer un retournement décisif dans la guerre. L’opération Citadelle est la dernière opération d’envergure menée parle 111° Reich. Face au rouleau compress eursoviétique, pris au dépourvu dans un territoire qu’ils ne connaissent pas les soldats de la Wehrmacht se heurtent à un géant. À partir de l’automne 1943, Le repli allemand vers l’ouest se révèle inéluctable.

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