La Bataille de Borodino

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La bataille de Moskova ou, pour les Russes qui ne la considèrent pas comme une défaite, bataille de Borodino, fut une victoire napoléonienne exceptionnellement meurtrière.

En 1812, Napoléon tergiverse et attaque tardivement la sixième coalition. Il passe le Niémen le 24 juin. Le 17 août, à Smolensk, les armées russes affrontent un Napoléon surpris par leur tactique : répartir des troupes sur de vastes étendues et pratiquer la politique de la terre brûlée. L’armée française n’est pas en reste. Elle rase et pille. Les Français sortent vainqueurs de la confrontation. Les Russes reculent vers l’est. Napoléon les poursuit, mais une partie de ses hommes, frappés par la dysenterie et le typhus, désertent. Arrivé à Borodino, Napoléon doit affronter Koutousov. La bataille est effrayante, terriblement meurtrière. Napoléon adopte une tactique brutale, frontale. Dès 6 h du matin, les combats font rage. Vers midi, l’artillerie française a sérieusement ébranlé l’armée russe. L’épuisement gagne les troupes de Koutousov. Mais Napoléon, trop éloigné, mal conseillé, autiste comme on l’a peu connu, mal placé et gêné par la fumée du combat, hésite, alors que la victoire est à sa portée. Les charges de cavalerie de Murat contre le dispositif central de Koutousov, la Grande Redoute, finissent par avoir raison de ce dernier. Mais à quel prix ? Pourquoi ne pas avoir écouté Davout qui recommandait de contourner l’aile gauche russe ? Pourquoi ne pas avoir accédé à la demande conjointe de Davout et Ney, qui souhaitaient faire donner la garde et massacrer les Russes ? Le combat n’est plus qu’une canonnade qui se poursuit jusqu’au soir. Le bilan est effroyable. Koutousov peut se retirer pendant la nuit. Une semaine plus tard, Napoléon investit Moscou, sans rencontrer de résistance. On connaît la suite… Borodino est une victoire ; mais la suite est un cauchemar humain, ainsi qu’une défaite stratégique et militaire d’envergure.

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