Le général Leclerc l’homme de la 2eme division blindée

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« Le récit des opérations de la 2eme DB permettra au lecteur de comprendre l’esprit qui animait et anime les acteurs de Brazzaville à Strasbourg. Sortis de France la rage au cœur mais non pas vaincu gis, nous y rentrons il y a quelques mois, décidés à surmonter n’importe quel obstacle, fat-ce au mépris des principes raisonnables de l’art de la guerre. Les mobiles qui nous poussaient furent l’amour-propre et M fierté nationale. Puissent ces sentiments subsister demain, dans les combats pacifiques de la reconstruction française. » Philippe de Hauteclocque, dit « Leclerc », a été l’un des premiers officiers à avoir rejoint le charles de gaulle à Londres. Sa 2eme DB libère Paris le 24 août 1944.

Né à Belloy-Saint-Léonard, dans la Somme, le 22 novembre 1902, Philippe de Hauteclocque est issu d’une vieille famille aristocratique de tradition militaire. Il sort major de l’école militaire de Saint-Cyr en 1924, major de l’École d’application de la cavalerie de Saumur l’année suivante et sert ensuite au Maroc, où il participe à des opérations de pacification pendant la guerre du Rif. Instructeur à Saint-Cyr après son retour en France, capitaine en 1934, il obtient la Légion d’honneur 11 sorts major de l’École de guerre en 1939. Mobilisé comme capitaine d’état-major au sein de la 4e division au début de la Seconde Guerre mondiale, il combat sur le front belge. En mai 1940, alors que sa division est encerclée par les Allemands, il obtient de son général l’autorisation de rejoindre les lignes françaises. Capturé, il s’évade, retourne au combat dans un régiment de cuirassiers, est blessé et parvient encore à échapper aux troupes allemandes. Ayant pris connaissance de l’appel du général de Gaulle incitant à continuer le combat malgré la conclusion de l’armistice, il quitte la France par l’Espagne et gagne Londres, où il se présente au chef de la France libre le 25 juillet 1940.

Leclerc et le serment de Koufra

 Nommé chef d’escadron celui qui se fait désormais appeler « Leclerc » est envoyé en Afrique avec la mission de gagner l’Afrique-Équatoriale française à la cause de la France libre. Cette mission est accomplie dès novembre 1940. Gouverneur du Cameroun puis commandant militaire du Tchad, Leclerc s’empare le 1ere mars 1941 de l’oasis de Koufra. Cette oasis est considérée par Mussolini comme le symbole de la puissance africaine de l’Italie. Le 2 mars, au cours d’une prise d’armes le général Leclerc fait le serment qu’il devait tenir moins de quatre ans plus tard : « Nous ne nous arrêterons que quand le drapeau français flottera aussi sur Metz et Strasbourg. » Général de brigade en août 1941, il réussit à faire sa jonction avec les forces de Montgomery à Tripoli. Intégrant la « Force L » pour le general leclerc à la VIII’ armée britannique, il prend part aux combats en Tripolitaine. Général de division au mois de mai 1943, Leclerc est chargé par  charles de gaulle de former au Maroc la 2e division blindée composée des tirailleurs sénégalais du Tchad et des chasseurs d’Afrique de Dakar. La 2e DB rejoint la Grande-Bretagne en avril 1944 pour préparer le débarquement en Normandie.

De la Manche à Strasbourg : la Libération

Envoyée en Normandie la 2e DB débarque le Iere août 1944 sur la plage de Saint-Martin-de-Varreville. Se heurtant parfois avec les Américains. Le general leclerc demande l’autorisation de quitter le théâtre normand, pour « ne plus perdre un seul bornoie ici et libérer la capitale de la France ». La 2e DB fonce sur Paris. Le 25 août 1944, le général Leclerc reçoit, avec Rol-Tanguy, colonel des FFI, la reddition du général von Choltitzgouverneur militaire allemand de Paris, à la gare Montparnasse. La capitale a été libérée en deux jours, dans un mélange de liesse et de coups de feu. Les généraux de Gaulle et Leclerc descendent les Champs-Élysées. Avant la fin de l’année 1944, le 23 novembre, ses troupes libèrent Strasbourg occasion d’une prise d’armes pour rappeler que le serment de Koufra a été tenu. Dans les premiers jours de mai, passés en Allemagne, les soldats de la 2e DB découvrent les horreurs des camps de concentration et portent secours à des Français rescapés de Dachau. Ultime fait d’armes ce sont les soldats français de Leclerc qui s’emparent du Berghof, la résidence d’Adolf Hitler en Bavière quelques jours avant l’armistice du 8 mai.

Leclerc en Indochine : l’après-guerre

Le 21 juin 1945, très ému, Leclerc fait ses adieux à sa division. Il rejoint en effet le corps expéditionnaire français en Indochine française, sous la domination de l’empire du Japon depuis le « coup de force » du 9 mars 1945. Le 2 septembre 1945, c’est Leclgeneral leclercerc qui signe, au nom de la France l’acte de capitulation du Japon. Nommé commandant supérieur des forces françaises en Extrême-Orient, Leclerc s’applique à rétablir la souveraineté française en Indochine. Prenant en compte la volonté d’indépendance de la population indigène, il est à l’origine de l’accord du 6 mars 1946 reconnaissant le Vietnam comme un État indépendant. En désaccord avec le gouverneur du territoire, l’amiral d’Argenlieu, vigoureusement opposé au mouvement nationaliste, Leclerc refuse le titre de haut-commissaire que lui offre Léon Blum, alors à la tête du gouvernement, et est nommé inspecteur général des forces françaises d’Afrique du Nord en juillet 1946. Sa mort, le 28 novembre 1947, dans un accident d’avion près de Colomb-Béchar est ressentie comme un drame national. Leclerc est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1952 et est inhumé aux Invalides.

Le general leclerc, malgré sa disparition précoce dans des circonstances encore empreintes de mystère, n’a pas été oublié : il demeure l’homme qui, avec sa r division blindée, a libéré Paris et Strasbourg. Symbole d’une élite militaire au patriotisme sans faille, Il a su mener ses hommes clans L’horreur de la guerre. Honoré après sa mort et inhumé aux Invalides, il est l’un des héros de la Seconde Guerre mondiale, aux côtés du général de Gaulle, et a su faire oublier à la nation la soumission de 1940. La division à croix de Lorraine est aujourd’hui encore un symbole de fierté nationale.

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