Mysteres
Le premier temple – Göbekli Tepe ?

Le premier temple – Göbekli Tepe ?

Gôbekli Tepe , sud-est de la Turquie, au pied du mont Taurus. Sous une petite colline, l’archéologue allemand, Klaus Schmidt, fait depuis six ans de bien étranges découvertes. Lui et son équipe ont dégagé quatre enceintes d’une quinzaine de mètres de diamètre, formées par d’énormes piliers de calcaire. Gravés sur leurs flancs, des bovins, des renards, des sangliers,

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ainsi que des motifs anthropomorphes : un bras ou un pagne en fourrure. Pas de doute, il s’agit bel et bien de temples… datés de plus de 11000 ans ! «Gôbekli Tepe était un point de convergence pour des cérémonies politico-religieuses », précise Maxence Bailly, maître de conférences à l’université Aix-Marseille. Des os de gazelles et de lièvres, mais aussi des graines sauvages ont été retrouvés, ensevelis à proximité. Autant d’indices qui suggèrent que les adeptes du site étaient encore des nomades, chasseurs-cueilleurs. Mais soudain, vers 8000 av. J.-C., ces monuments ont été condamnés et enterrés volontairement par les hommes. Les ressources naturelles se sont-elles raréfiées ? Etaient-ils trop nombreux par rapport à leurs réserves ? Une chose est sûre : ils quittent les lieux et se sédentarisent à 50 km de là, où on a relevé des traces de domestication de bétail. Ils deviennent donc des agriculteurs. Que racontent ces découvertes ? Longtemps, on a pensé que c’était la mise au point de techniques agricoles qui avaient poussé les hommes à se sédentariser, au néolithique. L’exemple de Gôbekli Tepe dit autre chose : et si c’était plutôt le développement de la religiosité qui avait poussé l’homme à se regrouper puis, plus tard, à se fixer sur un territoire et devenir agriculteur. En quittant ce sanctuaire, ces hommes ont aussi dit adieu à un mode de vie idéal : auparavant, ils ne passaient que quelques heures par jour à cueillir les fruits et à chasser. A partir de ce moment-là, ils doivent travailler aux champs des journées entières. Et si cette rupture avait survécu des siècles plus tard sous la forme d’un mythe, celui de la chute du paradis terrestre. «C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pin», est-il écrit dans la Genèse… A Gôbleki Tepe, en tout cas, les recherches se poursuivent : d’après la prospection magnétique des sols, il resterait encore une dizaine de constructions similaires sous terre.

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