Le secret de louis XV

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De tous les rois qui ont régné à Versailles, Louis XV est celui qui aima le plus les mystères. Il serait, d’une certaine façon, à l’origine de l’espionnage moderne.

Au décès de Louis XV, en 1774, de surprenants documents sont découverts dans ses archives secrètes. Ils révèlent que, pendant près de vingt ans, le roi a comploté, mené des tractations avec des puissances étrangères et fait surveiller ses ambassadeurs sans que son gouvernement ni même son Premier ministre Choiseul n’en soient informés. La pierre d’angle de cette duplicité est un service de renseignements que le roi a discrètement mis en place. Il est appelé le «Secret du roi».

Un vrai roman d’espionnage

Ce cabinet secret permet de mener une diplomatie parallèle. D’abord dirigé par le prince de Conti, cousin du roi, il emploie une bonne trentaine de personnes. Les agents sont recrutés dans le corps diplomatique, formés à l’expédition de correspondance codée, et envoyés dans toutes les capitales européennes. Ils sont soumis au secret et ne se connaissent pas entre eux.

Mais il existe dans le royaume un autre service de renseignements, officiel celui-là : le Cabinet noir. Le roi, redoutant que les missives échangées avec ses agents ne soient interceptées par son propre gouvernement, crée un service de poste parallèle à celui des postes royales, autorisé à lire tous les courriers jugés intéressants. James Bond avant l’heure !

Rapprochement avec la Russie, contrôle de la Pologne par l’installation sur son trône du prince de Conti, et même préparation d’un débarquement pour envahir l’Angleterre… les missions confiées au Secret du roi sont nombreuses. Mais, il faut le dire aussi, peu couronnées de succès. Les espions qui y participent sont, pour certains, bien étranges. On y compte le fameux chevalier d’Éon, dont on ne sut jamais bien à l’époque s’il était homme ou femme, le mystérieux comte de Saint-Germain, qui passait pour immortel, missionné en Hollande dans le cadre de la guerre de Sept Ans, et le génial auteur du « Barbier de Séville » et du « Mariage de Figaro », Beaumarchais lui-même.

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