Léonard de Vinci , un homme de la Renaissance

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Artiste exceptionnel, Léonard de Vinci s’est trouvé en parfaite adéquation avec son époque. Son esprit foisonnant et pourtant méthodique, sa soif de découverte sont bien celui de la Renaissance.

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Qui mieux que Léonard de Vinci incarne ta Renaissance ? Artiste, savant architecte urbaniste et ingénieur, chercheur -dans des domaines aussi variés que la botanique l’hydrologie ou l’anatomie -, il a poussé à l’extrême la polyvalence propre aux créateurs de cette époque. S’il fut alors admiré pour sa pensée, son érudition et ses qualités morales, c’est son immense talent de peintre que louèrent les générations suivantes avant que l’on redécouvre ses écrits et dessins à la fin du xix siècle. Des machines surprenantes, du sous-marin à l’hélicoptère en passant par l’automobile, jaillirait alors de l’oubli. Certaines de ces « inventions» semblent tenir une place aussi importante dans l’histoire des techniques que La Joconde dans celle de la peinture. Pour autant, Léonard de Vinci n’est pas outrance dans sa singularité. Son esprit inventif s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs et ses «découvertes » se rattachent souvent à une tradition existante Dans le domaine militaire, d’autres, conne Francesco di Giorgi°, ait dessiné avant lui des machines de guerre. En architecture, ses plans ne surpassent pas ceux de Bramante ou de Lean Battista Alberti, et ses esquisses d’engins de construction s’inspirent des recherches, encore une fois de Francesco di Giorgi), lui-même marqué par les revaut de Filippo Brunelleschi. Le génie de Léonard de Vinci est ailleurs. Il tient davantage à sa méthode, fondée en premier lieu sur l’observation. Puis vient l’expérience qui n’est, selon lui, «jamais prise en défaut ». À l’inverse de ses contemporains, il propose une approche pratique qui tend vers la rationalisation ; ses engrenages, il les veut solides et réguliers afin de pouvoir les adapter à différents types d’utilisation – métiers à tisser, turbines hydrauliques ou machineries de théâtre. Son talent réside aussi dans la quarté de ses croquis Sa maîtrise de la mise en perspective des ombres et des linières donne l’impression d’objets existants, prêts à fonctionner. Le dessin se fait instrument pour capter l’essence des Moses Et personne ne peut alors douter en admirait ses machines à voler que l’homme se prendra un jour pour m oiseau.

La ville idéale

Comme en réaction à l’anarchie bâtisseuse qui sévit dans les villes médiévales, l’envie de concevoir une cité idéale a traversé toute la Renaissance, la différence des projets qui fleurissent durant les XVe et XVIe siècles, l’approche de Léonard de Vinci est très fonctionnelle. Vers 1487, il imagine une ville à deux niveaux, avec des rues hautes réservées aux gentilshommes et des rues basses le long desquelles se pressent commerçants et artisans. Mais l’urbaniste qu’il est insisté surtout sur la nécessité de prévoir des canaux pour l’évacuation des eaux de pluie, des ordures et des miasmes, afin de maintenir la cité propre et saine. L’épidémie de peste qui avait frappé la population milanaise deux ans auparavant n’est pas étrangère à sa préoccupation de l’hygiène. Il poursuit cette réflexion pour un projet d’expansion de Milan commandé par le duc Ludovic Sforza. Son projet prévoit l’implantation régulière de lots d’immeubles, de rues et de canaux autour d’une grande place destinée au marché. Mais, ni sa ville nouvelle, ni le quartier de Milan ne verront le jour.

Des châteaux, des cathédrales, des idées

 En 1516, François ler demande à Léonard de Vinci d’établir les plans d’un vaste palais qui serait construit à Romorantin. Celui-ci conçoit un projet réalisant la synthèse des styles et français. Ses manuscrits montrent un, édifice flanqué de pavillons carrés, situé sur une ire. Le projet fut abandonné, peut-être au profit de Chambord, dont le célèbre escalier à double spirale apparait également dans les carnets de Léonard de Vinci, mort avant sa réalisation. Vinci fut-il véritablement un architecte ? Le grand homme est réputé comme tel. Pourtant depuis sa proposition en 1480 de surélever le Baptistère de Florence jusqu’au projet de Romorantin, aucun centre architectural connu ne peut lui être embuée. En architecture, il s’est surtout intéressé au jeu des forces et des équilibres. Ainsi, il définit l’arc comme deux quarts de cercle qui s’opposent chacun à la chute de l’autre. De même, développant l’idée d’église à plan centré, il s’interroge sur l’articulation et la compénétration des formes du cercle et du carré. Des engrenages architecturaux qui ne sont pas sans relation avec ses travaux sur les machines. Pour Léonard de Vinci, l’architecture ne constitue donc pas une activité à part entière- à la différence de Michel-Ange – mais s’inscrit dans sa quête de la compréhension des grandes lois qui régissent le monde

Machines volantes

L’une des recherches qui a occupé le plus longtemps Léonard de Vinci est certainement celle de la machine volante. Il va y consacrer nombre de croquis dans les feuillets du Manuscrit B de ses carnets et du Codex Atianticus. Ses machines ont les aie actionnées par la force des bras et ou, des jambes il opte pour l’omithoptère, qui imite le vol des oiseaux. Étudiant leurs déplacements aériens, et principalement ceux des rapaces, il comprend qu’on ne peut acquérir la manse du vol sans s’intéresser à la science des vents. Difficile, pourtant, de croire que Léonard de Vinci ait véritablement envisagé de faire décoller des engins si lourds, réalisés en bois.

Poulies et engrenages

Léonard de Vinci a-t-il eu l’intention d’éditer un traité intitulé « Éléments de machines »sur ses recherches en mécanique, comme certains de ses écrits le laissent supposer ? Des planches entières sont consacrées à des engrenages destinés à varier les vitesses ou à changer de direction ; un véritable catalogue de roues dentelées, de vis sans fin, de poulies, de courroies ou de chaînes Des engrenages qu’il met en œuvre dans le métier à tisser, le batteur d’or, les machineries pour les fêtes, ou le système d’écluse. Non seulement il dessine ses machines sous forme éclatée mais il les représente sous plusieurs angles. Une approche qui n’est pas sans lien avec ses travaux sur l’anatomie humaine.

La guerre

L’Italie de La Renaissance est marquée par les guerres entre les cités-États et par les leonard-de-vinci-un-homme-de-la-renaissanceambitions territoriales françaises, En 1482, le jeune Léonard se présente comme un spécialiste des fortifications poix entrer au service de Ludovic Sforza. Vingt ans plus tard, en 1502, alors que César Borgia se taille un beau morceau de territoire dans ritale centrale Léonard lui propose d’améliorer ses fortifications invente des systèmes de passage de gué ou des techniques de siège; il trace des cartes, conne celle de la vise d’Imola qui perfectionne les méthodes de relevés géométriques Durant les différents conflits, il ne cesse d’améliorer les plans de camps militaires qui doivent résister à la puissance des canons Dans le domaine des armes et des machines miliaires, Léonard exécute nombre de dessins et de croquis de bombardes à canons multiples, mortiers à boulets explosifs ou chars d’assaut. Il conçoit des scaphandres et des sous-mains. Certaines de ses recherches sur les stratégies militaires navales et sous-marines ne verront le jour que des siècles plus tard.

L’anatomie

« Ce plan que j’ai fait du corps humain te sera ‘exposé combe si tu avais l’homme véritable devant toi (…) Seront mises devant toi chaque partie sous différents aspects de façon que tu gardes connaissance pleine et entière de tout ce que tu veux savoir sur la configuration humaine. » Ainsi Léonard présente-t-il le Traité d’anatomie humaine qu’il projette de réaliser dans les années 1510.11 affirme avoir effectué une trentaine de dissections de corps humains L’historien d’art Daniel Arasse écrivait : «Les dessins anatomiques de Léonard sont d’une modernité proprement exceptionnelle au point qu’on a pu considérer que !illustration anatomique était née pendant l’hiver 1510-1511 à Milan ». Une modernité qui tient au souci d’exactitude du peintre. Pourtant ses représentations contiennent de nombreuses erreurs. Ainsi, la planche des organes internes féminins est fausse Des méprises dues à l’influence des auteurs antiques et médiévaux tels Aristote, Galien, ou Avicenne, mais aussi au désir de l’artiste de figurer ensemble de la structure humaine en un seul dessin. Léonard de Vinci finit par renoncer à cette vision d’ensemble dont il comprend vite les limites. Il va privilégier une approche plus mécanique des organes, représentant, par exemple, les différentes articulations du corps humains tels des axes rotatifs.

Le sfumato

En 1503, lorsque Francesco del Giocondo commande le portrait de sa jeune épouse, il contacte le peintre le plus célèbre de son temps. À l’âge de 51 ans, Léonard a déjà exercé son génie dans de nombreux domaines, mais c’est sa peinture qui fait sa renommée. Une quinzaine de toiles à peine lui sont attribuées avec certitude. Chacune de ces œuvres a marqué l’histoire de l’art. L’utilisation de la perspective, le traitement de l’anatomie la figuration de la nature et le contrôle de la lumière peuvent expliquer la primauté de sa peinture sur celle de ses pairs. Toutefois la spécificité de son art celle qui marque ses contemporains, réside dans sa maitrise du sfumato. Contrairement aux artistes de son époque, Léonard refuse de faire apparaître, d’une ligne nette, les contours des personnages il choisit au contraire, de les estomper, voire de les «enfumer ». L’historien des sciences Pascal Brioist explique que « pour créer l’invisibilité des limites latérales du corps de son modèle, Léonard procède par couches de peinture très diluées, quasi-transparentes, qu’il superpose », t’artiste étire la peinture encore fraîche entre deux zones de couleurs contrastées pour créer ces effets d’ombre et de relief. Des jeux de lumière qui rendront célèbre le sourire de Mona lisa.

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